(BUTTON) Grève : la France, championne d’Europe ? Si des chiffres montrent bien une propension toute française à recourir à ce mode de contestation, il n’est pas aussi évident qu'il n'y paraît de parler de « culture de la grève » en France. (BUTTON) Lire plus tard (BUTTON) Commenter -- (BUTTON) Partager Allemagne Grèves 021987555873_web.jpg -- en lumière par l’agence Statista , ainsi que l'actualité , ont d’ailleurs tendance à lui donner raison. La France est effectivement championne quand il s’agit de faire la grève, comme le montre le graphique ci-dessus, fondé sur les données de Wirtschafts-und Sozialwissenschaftliche Institut (WSI) de la Fondation Hans-Böckler, basée à Düsseldorf. Sur la période allant de 2005 à 2014, elle a perdu 132 jours de travail pour fait de grève pour chaque tranche de 1.000 salariés. -- jours et 15 jours. Pour autant, peut-on réellement parler de culture de la grève en France ? Rien n’est moins sûr selon Lilian Mathieu, enseignant chercheur en sociologie à l’université de Lyon 2, qui pointe une diminution du recours à la grève en France. « Le nombre de grèves a beaucoup baissé depuis les années 1970. C’est un moyen d’action coûteux en argent ainsi qu’en opportunité de carrière, les pouvoirs publics et le patronat ont tendance à sanctionner les grévistes, ou du moins ceux qui appellent à la grève. » Lire aussi : > Loi travail : la mobilisation ne décolle pas, Valls prêt à des "améliorations" > Ce que la grève dans les raffineries coûte à Total Selon lui, cette baisse du recours à la grève est aussi due à la mutation du paysage de l’entreprise en France. « Les PME ont pris le dessus sur les entreprises employant plusieurs dizaines de milliers de salariés. Or, il est plus difficile de faire grève dans ces sociétés plus réduites où la représentativité syndicale, et donc la protection des grévistes, est plus difficile à mettre en place. C’est d’ailleurs -- Geoffrey Pleyers, chercheur à l’université de Louvain, en Belgique, abonde dans le sens d’une France qui ne serait pas « gréviste par nature ». « Les grèves actuelles, que l’on peut observer ailleurs en Europe, comme en Belgique, sont aussi le symbole des fortes transformations que subit le continent, notamment dans la remise en -- > Blocage des raffineries : l'action des salariés est-elle légale ? Mais si la grève est autant utilisée en France, c’est parce que l’obtention de son droit, en 1884, est le résultat d’un accord entre les pouvoirs publics et le patronat d’un côté, et les syndicats de l’autre. « Le patronat et les pouvoirs publics ont accordé le droit de grève avec pour contrepartie l’idée que cela devienne l’outil principal de contestation au détriment d'autres, reprend Lilian Mathieu. A la différence de l’Allemagne par exemple, où le dialogue social est -- octroient une protection, certes moins importante que celle accordée par le Code français, mais tout de même raisonnable sans que les salariés de ces pays aient besoin d’avoir recours à la grève outre mesure. -- Et de conclure : « Aujourd’hui, comme les salariés ont tendance a poser des RTT pour participer aux journées de mobilisations plutôt qu’aux grèves, ce sont les manifestations qui sont devenues le marqueur de la protestation, encouragé par les syndicats. » Lire aussi : > Grève et blocage : la reprise économique encore fragile est mise à l'épreuve